Table ronde avec Alain Reyniers, Guy Fays, Bernard Devos, Luc Lefèbvre et Ahmed Ahkim

Introduction, par Ahmed Ahkim

Peut-on considérer que la question Roms est une nouvelle question sociale ?

En 2008, il y a eu l’affaire Berlusconi, à propos des dispositions répressives à l’encontre des Roms. Cette affaire a eu des conséquences à échelle européenne puisque ce même année, un incident est venu perturber le premier sommet européen
consacré aux Roms. Lors de l’intervention José Manuel Barroso, président de la
Commission européenne, des militants ont affiché leurs t-shirts décorés d’empreintes digitales, symboles de la mesure répressive la plus emblématique décidée par Berlusconi, à savoir la prise des empreintes digitales de tous les Roms vivant en Italie.

En 2010, en France cette fois, lors du discours de Grenoble, les plus hautes sphères de l’Etat lancent les Roms et les Gens du voyage en pâture à l’opinion publique. La question rom est toujours d’actualité en 2013 en France et en Belgique : il y a eu récemment en France les propos du ministre de l’intérieur, Manuel Valls, à l’encontre des Roms et, à Bruxelles, plusieurs communes sont aux prises avec le phénomène des familles roms SDF.

Au Centre de médiation des Gens du voyage et des Roms, nous constatons que, systématiquement, lorsque l’on parle des Roms ou des Tziganes, l’émotionnel et le symbolique l’emportent sur la raison. L’affectif et les images d’Epinal très stigmatisantes prennent rapidement le dessus.

Réintégrer la rationalité au cœur de la question rom est l’objet de notre débat aujourd’hui concernant les Roms.

Source : iteco