En 2014, l'université de Gand tirait la sonnette d'alarme : un enfant rom sur trois serait orienté de manière erronée dans l'enseignement spécialisé. En 2016, la FRA indique dans son rapport sur la situation des Roms que « Dans un certain nombre d'États membres de l'UE, les enfants roms constituent la majorité des enfants placés dans des écoles spéciales et suivant des programmes spéciaux, en dehors du système éducatif traditionnel, alors qu'ils ne souffrent apparemment d'aucun handicap ni incapacité d'apprentissage ».

Le manque d'information et de compréhension vis-à-vis des familles roms et/ou vivant la pauvreté en serait une hypothèse d'explication.

Le CMGVRW a dès lors organisé une formation/supervision le 16 novembre 2021, afin d’outiller les médiateurs roms mais aussi tout intervenant, médiateur, accompagnateur qui travaillent en contact avec les populations immigrées et/ou précarisées.

Cette formation a réuni 17 participants, en ligne ou en présentiel : médiateurs du Centre de Médiation, responsables d’écoles de devoirs, travailleurs sociaux ou socioculturels, bénévoles, …

 En guise d’introduction, Ahmed Ahkim – directeur du CMGVRW – a exposé les motivations de l’organisation de cette formation.  Il a détaillé différents rapports internationaux et nationaux qui tirent la sonnette d’alarme sur cette forme particulière de ségrégation scolaire.  Il a présenté aussi les réalités de terrain vécues et observées par le CMGVRW.

Au cœur de la formation : l’intervention de Madame Conti et Madame Donneau, respectivement directrice et auxiliaire paramédicale au CPMS - WBE de Verviers.  Elles ont exposé aux participants de manière extrêmement détaillée l’organisation de l’enseignement spécialisé en FWB : les différents types, pour quels enfants, dans quels objectifs, selon quelle procédure.  Mais aussi, les alternatives à l’enseignement spécialisé pour les enfants « à besoin spécifique », à savoir, les « aménagements raisonnables » et « l’intégration ».

Les échanges entre participants et les questions/réponses ont pu mettre en évidence certaines pratiques, problèmes ou perspectives de terrain :

  • Bien que les familles doivent être partenaires du processus de discussion avec les CPMS et les écoles et bien qu’une décision d’orientation vers l’enseignement spécialisé doit toujours se faire avec l’accord des parents, sur le terrain, bien souvent cette procédure d’orientation est « ficelée » avant la première rencontre avec les parents à qui cette orientation est présentée comme une obligation.
  • Afin de prévenir ce genre de situation et de prévenir les incompréhensions entre les intervenants scolaires/parascolaires et les familles, il s’agit d’encourager les parents à être présents à l’école, à participer aux réunions de parents, à leur expliquer les « codes » de l’école, …
  • Le système scolaire est très complexe et il s’agit de rassurer les parents, les mettre en confiance et leur expliquer un maximum ce système : les filières, les procédures, …
  • Quand il y a la volonté des parents de « sortir » leurs enfants de l’enseignement spécialisé, plusieurs conseils sont dispensés : discuter de ce projet le plus tôt possible avec les enseignants, avec le CPMS, favoriser un maximum les apprentissages via les écoles de devoir, par exemple, …
  • Le CPMS a rappelé que les parents peuvent à tout moment décider d’un retour dans l’enseignement ordinaire. Ils doivent néanmoins avoir l’avis du CPMS (qui n’est pas contraignant !) ou d’un « organisme habilité »  (centre de santé mentale, hôpital, …).  La liste des organismes habilités est disponible ci-dessous.

 En guise de conclusions, Ahmed Ahkim, a diffusé la capsule vidéo « Les Roms : en route vers la réussite scolaire » et a rappelé la disponibilité du Centre de Médiation des Gens du Voyage et des Roms pour :

  • L’interprétariat et la médiation interculturelle : rencontres avec les enseignants, réunions de parents, rencontre avec le CPMS ;
  • Coaching des intervenants : le CMGV est disponible par téléphone pour analyser avec tout intervenant des situations complexes et aider à mettre en place des interventions adaptées à chaque situation ;
  • Mise en place d’un projet de type « Romalettre » : projet médiateur de soutien scolaire d’enfants roms en difficulté scolaire. 

Pour aller plus loin :