Tatjana Andelic, présidente du comité d'experts du Conseil de l'Europe réuni cette semaine à Toulouse. / Photo DR

Le Comité d'experts du Conseil de l'Europe sur les questions relatives aux Roms et aux Gens du voyage (CAHROM) est réuni depuis hier et jusqu'au 14 juin pour la première fois à Toulouse, dans le cadre de la Présidence française du Comité des Ministres. À l'ordre du jour de cette réunion figure un projet de recommandation sur l'intégration de l'histoire de ces populations méconnues dans les programmes scolaires et les matériels pédagogiques. Tatjana Andelic, la présidente du comité d'experts, hier à Toulouse, se confie sur ce projet qui vise à lutter contre les discriminations.

Vous militez pour que l'histoire des Roms et des Gens du voyage soit inscrite dans les programmes scolaires ?

Il est très important de souligner que la préparation de ce projet de recommandation sur l'intégration de l'histoire des Roms et des Gens du voyage doit intégrer les éléments et les outils pédagogiques. Et c'est l'une des tâches qui nous a été confiée. Nous avons mis sur pied un groupe de rédaction chargé d'élaborer ce document, regroupant des représentants de plusieurs Etats européens, et nous avons aussi bénéficié de l'aide d'experts du CAHROM.

Pourquoi est-ce si important selon vous ?

C'est aujourd'hui la quatrième version de ce projet de recommandation. Nous espérons pouvoir l'adopter lors de cette réunion à Toulouse. Mais ensuite, ce sera au Comité des ministres de l'adopter. Tout d'abord, il y a discussion au sein du CARHOM. Pourquoi l'enseignement de l'histoire des Roms et des Gens du voyage ? Sur la base d'un consensus, nous avons établi qu'en Europe, la présence de longue date et la culture des voyageurs ne sont pas assez reconnues dans les systèmes d'éducation. Cela fait partie de l'inclusion sociale de ces populations : elles doivent connaître leur culture, leur langue et leur histoire. Mais aussi que d'autres connaissent cette histoire. L'histoire et la culture des voyageurs ont toujours été transmises de façon orale, dans des récits au fil des générations. Ainsi, cette histoire sera moins marginalisée si nous parvenons à l'intégrer dans un système étatique. C'est aussi enseigner l'Holocauste des Roms, leurs souffrances durant la Seconde guerre mondiale. Nous savons que chaque Etat à ses propres méthodes pédagogiques, mais l'objectif principal consiste à s'assurer que cette thématique sera vraiment intégrée, de manière régulière. Apprendre l'histoire et la culture de l'autre fait partie des droits de l'Homme. Notamment dans un contexte où il y a une plus grande stigmatisation de ces populations.

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